2 – Faire des actions directes

L’idée d’action directe est de mettre concrètement et maintenant en place ce qu’on aimerait voir dans le monde. Le mot peut avoir une connotation violente (notamment depuis qu’est né et mort en france le groupe anarco-terroriste Action Directe) mais ce n’est pas forcément le cas, et une grande partie des actions anarchistes, moins médiatisées, sont non-violentes.

Ce qui ne veut pas forcément dire légal, mais qui peuvent l’être. L’action directe entend généralement de ne pas attendre, ne pas demander pour agir. Des anarchistes considèrent que les processus bureaucratiques, les déclarations, l’organisation en association déposée sont des outils de surveillance de l’État et des freins dans l’avancée vers l’émancipation. Alors souvent, iels passent outre.

L’action directe, enfin, tout le monde en a fait dans sa vie. Il ne faut pas être anarchiste pour aider des gens dans le besoin, pour donner à manger, pour vulgariser des connaissances, pour en imprimer, pour agir sur le monde sans passer par les institutions. Les anarchistes proposent des méthodes, des outils, des cadres pour que l’action directe soit efficace, durable et irrécupérable par le capitalisme (en théorie).

Si vous savez comment vous voulez agir sur le monde, puisez donc dedans, le reste est à imaginer en fonction de ce que vous estimez juste.

2.1 Cantine / Donnerie

Cantines

Manger c’est cool

Végan, prix libre

Brochure « Les cantines végétaliennes : un positionnement politique »

Sur le site lille.cybertaria.org, pleins de recettes

Livres :

« Cantines : précis d’organisation de cuisine collective »

« Tant qu’ça bout !» La cantine du mange-matin

Donnerie

Avoir des trucs gratuits, c’est cool

Affiche/Tractage/Publication en ligne pour annoncer l’évent

Peut se faire de manière spontané et éphémère sur des lieux plus ou moins publics ( ! attention à la répression, ce n’est pas légal d’occuper ces espaces sans autorisation ! ). Sinon de manière récurrente dans un local ou un endroit spécifique.

Exemple des Food not Bombs

2.2 Infokiosques/Table de Presse

Distribuez des brochures et du contenu militant

Peut-être visible et accessible si vous allez dans des lieux avec du monde, où la répression est pas hardcore, et que vous « tenez » des tables en parlant avec les gens. Mais possible de juste laisser des papiers dans des coins d’un local, même d’utiliser une boîte à livre genre.

!! Trouvez des imprimantes !!

Quoi mettre : Des productions militantes locales, journaux/zines et tracts. Les contacts des collectifs locaux. Des agendas. Des stickers.

Et avoir une table. C’est bien aussi.

infokiosques.net

dinguerie noblogs, tarage.noblogs.org et d’autres sites noblogs

fr anarchist biblio

partage-noir.fr

fr.crimethinc.com/zines

sansattendre.noblogs.org/liens

les sites du réseau mutu ont souvent une sélection de brochures, ou annoncent la sortie de certaines

Vous pouvez aussi écrire vos propres bochures/zines (tuto mise en page ?)

Il existe aussi des réseaux de distribution plus large comme celui des Nouveaux Crieurs (lesnouveauxcrieurs.fr)

2.3 Fête/ Soirée de soutien

Brochure « comment organiser un concert »

musique

Archives de la Zone Mondiale

bar

infokiosques/cantine/local

(Le milieu punk et/ou free party sont généralement affiliés aux mouvances radicales, que ce soit par ces pratiques DIY et/ou illégalistes, ces espaces de gratuités et de prix libre, la politisation des musiques et des pratiques sociales. Cependant, ce sont des espaces qui subissent l’embourgeoisement de nos sociétés occidentales et qui doivent constamment être tirés vers la radicalité)

Réseau « Punks against Apartheid »

Imprimer et mettre à disposition des affiches et des brochures comme « Comment ne pas être relou à une fête »

2.4 Manifestation/Rassemblement

légal ou non

black bloc (en fonction de l’ambiance)

Conseil tenue dans « Bas résilles et barricades »

« (Se) protéger et (se) soigner en manif : réflexes individuels et collectifs »

avoir des cibles ?

Sécurité collective, antirep (tract de conseils, pratiques de binômes)

Brochure pratique ?

Stratégie de fanfare militante, avec des liens de groupe :

rhythms-of-resistance.org

Manif sont un bon moment pour être visible, dire des trucs, tracter des textes

Sinon un moment où y a beaucoup de flics à un endroit, peut-être moins ailleurs

D’autres idées comme « La tactique du blocage » de 269 Libération Animale

2.5 Vulgarisation des savoirs

Rendre accessible des textes déjà existant, en passant par des initiatives spécifiquement anarchiste comme fr.anarchistlibraries.net, ou la tenue d’un lieu ou d’évènement qui permettent le partage

Il ne faut pas non plus négliger les cadres moins visiblement politique comme les sites pirates d’Anna’s Archive, Z-Library et bien sûr Wikipédia.

Traduire des textes étrangers, par exemple le travail de TransFagTrad (transfagtrad.fr)

Faire des résumés, des brochures sur un thème, des idées, des actions, dans des articles courts et simples à comprendre. Sortir les connaissances des livres comme ce que fait le collectif Le Maitron (maitron.fr)

Faire des vidéos, des podcasts, de la vulgarisation en ligne. Attention cependant à ce genre de pratique, d’abord pour les risques que ça entend au niveau de la sécurité numérique, puis ce que ça crée politiquement comme effet d’idéalisation des individus, déconnexion de la réalité…

Organiser des arpentages sur des bouquins trop long (ou pas parce que les arpentages c’est intellos)

Entretenir des espaces sans que le capital culturel n’y crée de hiérarchie

?? Prévention et santé commune

Réduction des risques, sur l’usage des drogues, sur l’injection d’hormones, sur la sexualité, sur le partage d’espace qui nécessairement s’appuie sur des ressources communes (l’air, qui peut transporter des maladies comme le Covid et bien d’autres)

Il serait mal vu peut-être de dire quoi prendre comme précaution sur ces questions (interdire la vente d’alcool, obliger le port du masque…) mais il y a clairement des comportements qui permettent la mise en place de formes d’auto-défense sanitaire et d’autres non. A vous d’évaluer en fonction du contexte, il s’agit au moins de s’informer des risques que l’on crée pour soit et pour les autres.

Il est possible de s’appuyer sur des ressources variées sur ces questions, généralement pas que des initiatives pas uniquement libertaire. Mais les restes de lutte passées comme celle contre le Sida ont laissé des cadres plus ou moins collectifs de gestion de la santé. Aujourd’hui, on en retrouve dans les collectifs queer qui font de la RDR autour des injections d’hormones (voir la CAAT, avec des collectifs comme Resist à Lille) et d’autres qui militent dans la lutte contre le covid, notamment les Mask Bloc, et l’association ARRA associationarra.wordpress.com

Techno +

Centre de santé Commune aux Terres à la Brillanne

??? DIY et hackerspace

Genre des collectifs qui font du pain (La Mie Bertaire à Villeurbanne, Crew-croute à Lille)

Des trucs d’entraides aux papiers administratifs (café des allocs Lille), collectifs de résistances aux RSA (RATO Lille)

Des hackerspace (comme le LOL à Lyon) ou les gens peuvent avoir du matos en commun, s’entraider


2. ? Sabotages

Réfléchir concrètement aux enjeux, aux risques, aux potentiels résultats et réactions. Comment agir, comment communiquer.

warriorup.noblogs.org (anglais mais très complet)

Attaque noblogs (Lisez la partie sécurité numérique avant de consulter ces sites !)

sans nom noblogs

archive.org/download/250910/Action directe

« Comment saboter une pipeline » Andreas Malm

« Anarchist Cookbook » rèfs un peu pourris

« Toutes les portes s’ouvrent » brochure sur le crochetage

2. ? Prendre les armes

Les anarchiste sont connu pour leur passé terroriste par période. L’impact dans l’opinion publique n’a vraisemblablement pas suivi leur espérance. Plus ou moins récemment, Action Directe a fait de la propagande par le fait en fRance

Sans être anarchistes, de nombreuses personnes font le choix de l’action directe destructrice ou meurtière contre les représentations du pouvoir. Emeutes (mort de Nahel…), assassinats (Healtcare Hitman…), sabotage (station militaires en russie…),

Certains anarchistes dit illégalistes prônent la vie criminelle comme moyen de lutte. En Europe, il y a notamment du côté de la Fédération Anarchiste Informelle.

Des anarchistes pratiquent des formes de violences physiques plus ou moins directes, allant de la menace (contre des personnalités politiques, des policiers et/ou des militants fascistes notamment) à l’assassinat politique, en passant par le kidnapping d’élus et l’attaque

« Comment la non-violence protège l’Etat » Peter Gelderloos

PS : certains anarchistes en viennent à l’attaque contre eux-mêmes dans un esprit plutôt similaire de sacrifice, comme Aaron Bushnell récemment. Crimethinc a écrit un article là-dessus

Enfin, il y a aussi beaucoup de théoriciens anarchistes (la plupart ancien, dans d’autres conditions que les nôtres) qui prônent la lutte armée ouverte. Ainsi, il y a des incitations à prendre les armes pour défendre des territoires dit libertaires, localement ou en rejoignant des brigades internationalistes, notamment au Rojava. Des groupes para-militaires se réclament libertaires, comme Solidarity Collectives en Ukraine.

Cependant, de nombreux anarchistes antimilitaristes critiquent ces positions, le passage par la militarisation, la défense de pays faussement libertaires, la corruption par l’esprit guerrier, et des fois l’action violente même.

Ce sont des débats forts dans les milieux anarchistes, qui existent au moins depuis la première Guerre Mondiale et la Révolution Espagnole de 1936

2. ? Organiser l’anti-répression

De nombreuses actions anarchistes sortent de la légalité. Il est nécessaire de préparer des méthodes anti-répression.

Des collectifs en lieu avec des avocats qui préparent la défense collective comme la Défco de Paris ou le CLAJ à Lille

A l’internationale, des collectifs comme : afund.info

Informer les gens sur leurs droits et donner des conseils sur comment agir

Brochure : Comment la police interroge et comment s’en défendre

« Petit manuel d’autodéfense en interrogatoire »

La meilleur des méthodes anti-répression reste la prévention : ne pas se faire chopper. Il faut juger les risques de chaque action, les limiter comme on peux.

Par exemple, connaître l’emplacement des caméras. Certaines sont recensés sur sous-surveillance.net ou sur sunders.uber.space.

S’équiper, repérer les lieux, se préparer suivant les modes d’actions